Le Népalais : l’Homme fort de l’Himalaya

DSC08515~2

L’Homme a cette capacité incroyable de se sédentariser là où rien n’est a priori fait pour l’accueillir. Il suffit de se balader dans les vallées reculées de l’Himalaya pour constater qu’en effet, l’espèce humaine n’a vraiment peur de rien ! Au milieu de nulle part, entre pics infranchissables et canyons vertigineux, perché au-dessus d’une falaise, un jour l’Homme s’est dit : « ok, on est bien là ! ».
Il a alors construit son abri, porté sur le dos chaque pierre de son édifice. De la boue mêlée de foin en guise d’enduit et même des couleurs – ocre provenant des roches voisines réduites en poudre et blanc, prélevé du calcaire présent dans la forêt.
À la force de ses bras, il a transformé les flancs vertigineux en d’abrupts terrassements destinés aux récoltes. Un travail de titan parfois réduit à néant sous un glissement de terrain, phénomène naturel récurrent dans ce trop fragile environnement.
Qu’importe les dangers, la vie s’organise, toujours en communauté. On construit des chemins, ensemble. De beaux sentiers principaux, l’équivalent de nos routes départementales, qui relient chaque village entre eux. Des pierres de plus de cent kilos transportées jusque-ici, offrant là une marche en plus sur un parcours qui peut parfois s’étendre sur des dizaines de kilomètres.
Face à l’adversité, l’Homme n’a jamais flanché. Si un éboulement barre un jour le passage, il édifiera alors un solide escalier en pierre ou sciera l’intérieur d’un tronc, ouvrant ainsi la voie aux voyageurs à pieds.
Au Nepal, tant qu’il y a de la vie, il y a des chemins ! 
Depuis ce temps-là, la vie n’a guère changé. À des journées de marche du monde moderne, on vit en autarcie, ou presque. Du matin jusqu’au soir, les villageois passent leur temps dehors, un panier en bambou sur le dos, à la recherche de bois pour le feu ou de feuillages frais pour nourrir leurs bêtes. On désherbe à la faucille la plantation de patates, on récolte les bouses de vaches, redistribuées ensuite sur sa parcelle agricole, ou on prépare sa terre à l’aide de deux de ses bœufs.
18076875_1827317090852086_673793303843461293_o
Glander : un concept qui n’existe pas au Nepal
Il faut ensuite s’occuper des plus jeunes. Faire à manger et aller chercher de l’eau à la fontaine publique. Y laver le linge, faire son shampoing ou remplir la jarre familiale tout en jactant avec son voisin. Faire à manger et aller chercher de l’eau à la fontaine publique. Y laver le linge, faire son shampoing ou remplir la jarre familiale tout en jactant avec son voisin.
Sur les chemins, on rencontre parfois des mulets, et leurs maîtres, qui vont et viennent entre les villages plus développés et le leur. On transporte ainsi du riz, des noodles, des biscuits et même du coca. Denrées qui n’ont pas de prix une fois là-haut. On rencontre aussi des enfants de dix ans, avec leurs frères et sœurs, chargés de ramener du bois sec au foyer. Ça s’amuse au bord du précipice ou dans les branches d’un vieux rhododendron sans qu’aucun adulte ne vienne perturber leurs jeux innocents. Jeune gosse, mamie édentée ou femme enceinte de 7 mois, tous parcourront la montagne à pieds, grimpant des sommets à 4000 mètres d’altitude pour rejoindre la vallée voisine, à sept heures de marche de là.

 

Une vie de mulet : pas toujours drôle…

 

Là-haut, on mange principalement du riz, des patates, des lentilles ou des flageolets. Quelques légumes à feuilles quand la saison l’autorise. Des rotis aussi parfois, ce pain plat à base de blé, cuit sur les flammes. Et du lait chaud, tiré des pies de la bufflonne quand son état le permet encore.
18077247_1827321054185023_1906386851759421524_o
Le feu domestique : le coeur du foyer
Paysannes et mères de famille, un dur quotidien pour les femmes qui doivent aussi supporter l’absentéisme masculin plusieurs années de suite. Appréciés pour leur résistance physique, les jeunes hommes népalais sont envoyés en mission à l’étranger. Dans l’armée indienne, les légions étrangères ou dans les entreprises pétrolières, ils partent entre deux et cinq ans loin de leur village natal en espérant rapporter un peu d’argent pour l’éducation des mômes. Si la plupart reviennent ensuite chez eux, certains trouvent en Europe ou ailleurs une meilleure destinée laissant derrière lui la tristesse d’un foyer.
Alors en attendant que papa ne rentre à la maison, les enfants grandissent et jouent entre eux, les vêtements terreux et la morve au nez. Leurs mères et grands-mères, quant à elles, assument sans flancher le bon fonctionnement du foyer pour que le sourire de leurs enfants ne cesse jamais de briller.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s