Le piment, un ami qui vous veut du bien !

La Thaïlande est connue pour ses plats épicés qui brûleraient l’intérieur de n’importe quel novice. Des salades typiques ou des curry onctueux dans lesquels se glissent une dizaine de piments, une broutille pour le palais local, une révolution pour celui occidental. Une caractéristique culinaire que le nouvel arrivé découvrira bien assez tôt.

Si les restaurants plus touristiques savent adapter leur recette au goût étranger, les bouibouis locaux vous serviront parfois un excellent curry vert, blindé de piments verts – qui, disons-le bien, jouent dans la même cours que leurs cousins bien rouges. Pourtant, vous aviez précisé « non épicé » mais vous voici maintenant la faim au ventre devant un bol de curry ultra piquant. Vous comprendrez alors qu’il aurait été préférable de préciser le nombre de piments désirés – Un, deux ou trois – plutôt que de laisser la cuisinière juger pour vous. A partir de quatre, la dégustation s’annonce épique.

Quand le plat est épicé, il est préférable d’avoir sa bouteille d’eau à portée de main ainsi qu’une généreuse assiette de riz. Partenaires indispensables des muqueuses sensibles, ils épauleront l’aventurier qui se lancera dans la dégustation de son plat qui, l’odeur le confirmera, sera relevé.
Parfait pour éliminer ses cellules mortes, une seule bouchée suffira pour exciter les glandes sudoripares qui se libèreront à profusion. Le nez brillera et la chaleur ambiante augmentera légèrement.
Affamé, le gourmand poursuivra son parcours pour quelques bouchées de plus sans prêter attention à son front, désormais trempé. Une avancée courageuse qui s’arrêtera net trente secondes plus tard, avisé par ses muqueuses buccales maintenant en alerte rouge. Une bouchée de riz, suivie d’un grand verre d’eau, l’opération mécanique d’un Homme en détresse se répétera pendant près de deux minutes. Deux longues minutes où plus rien ne comptera si ce n’est cette bouteille d’eau qui se vide à vue d’œil. En tête à tête avec lui-même, il restera prostré dans sa douleur, buvant et picorant du riz, en attendant religieusement que la sensation passe.
Bientôt, le souvenir du piment s’estompera et ses joues se libéreront peu à peu de son emprise, laissant pour seul otage le bout de sa langue. Une ultime sensation qu’il fera passer avec élégance, en plongeant l’organe encore en feu au fond de son verre d’eau.
Comptez une bonne dizaine de minutes entre l’état d’alerte et le retour complet à la normal.

Le piment, le partenaire des climats chauds. A défaut d’une bonne glace à la noix de coco, il serait préférable de manger un laap* généreusement épicé. La température du corps augmenterait ainsi soudainement et celle extérieure paraîtra de ce fait beaucoup plus fraîche. Mais d’ici là, ce sont des années d’expérience et d’adaptation physique à mener. Un apprentissage difficile pour le palais français point convaincu de devoir troquer son cône glacé contre une salade relevée. 

* Laap : salade de viande et de légumes frais hâchés menue, généreusement épicée.

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