Les bienfaits du Voyage

Voyager est un renouvellement, comme une mue de serpent qu’on laisse sur les chemins de la Vie. Chaque destination, chaque expérience vécue participe à notre éveil sur le monde et nous peaufine l’esprit. Nos sens endormis par le moulin à temps de notre existence moderne se réveillent, stimulés par ce vaste inconnu que nous payons pour découvrir.
« On ne fait pas un voyage, c’est lui qui nous fait ou nous défait ». Nicolas Bouvier avait vu juste.

Voyager, c’est observer la Vie dans son insignifiance et s’émouvoir de ses moindres détails. Tel un gosse qui prend conscience de son environnement pour la première fois. La curiosité devient le moteur de ses journées où le temps s’écoule au ralenti et nourrit son tiroir à connaissances.
Comme un môme vierge de Vie, le voyageur est tiré du bien connu pour une existence majoritairement domptée par l’imprévu. L’Homme s’échappe de son cadre sécurisant et ficelé du quotidien pour une aventure à durée déterminée où il n’est plus rien si ce n’est un type curieux conjuguant ses jours au temps présent.

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Dépaysé, L’Homme sera guidé par ses seules émotions, des sentiments parfois profonds, muselés au fond de lui-même et qui remontent avec intensité. Il apprendra du mieux qu’il peut à gérer ce flux émotionnel que sa routine a banni depuis bien longtemps, guidé par son seul for intérieur qui s’exprime à la rencontre de l’Autre. D’un état d’exaltation intense devant des rhododendrons en fleurs au stress dérangeant d’un ravin vertigineux longé dans la carlingue d’un vieux bus local, le Voyage agite les tripes et éduque l’individu à ses sensibilités intérieures.
Patience et indulgence seront souvent des qualités forcées que le type en voyage devra apprendre à développer.

Voyager, c’est aller à la rencontre de soi. Apprivoiser ses peurs, décupler sa curiosité et vivre ce temps limité où plus rien ne nous contraint. Libre de consommer chaque minute comme on l’entend, sans un rappel à l’ordre temporel. Regarder la Vie différemment en lui donnant une nouvelle définition. Réaliser que nos logiques à nous ne valent plus rien une fois là-bas et remettre en cause nos acquis pour les repenser autrement.
Voyager, c’est se confronter à d’autres réalités, d’autres destins, pour réaliser combien le nôtre n’est pas si mal, que les possibilités d’être heureux existent bien et qu’on est juste cons de ne pas essayer.

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Partir pour mieux revenir, un axiome bien connu que j’affectionne beaucoup. Rentrer chez soi, reprendre ses marques, un chapitre émotionnel en plus inscrit dans l’âme. Une expérience qui nous a défait et nous a reconstruit, nous offrant en retour un regard neuf sur notre Existence. La capacité d’apprécier à leur juste valeur les banalités de notre Vie quotidienne qui participent ensemble à nous rendre heureux.
Et puis si on réalise combien tout cela nous ennuie, on comprend alors que le Monde est grand et les possibilités à son image. Voyager donnera peut-être la force d’envisager de changer les choses si notre bonheur l’impose.

Voilà pourquoi je pars. J’aime me couper du socialement accepté, de la lobotomisation des cerveaux que l’on veut productifs et dociles. M’émanciper d’une réalité dans laquelle on vieillit selon un schéma précis et où la société nous impose une direction à suivre en étouffant notre identité.

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Voyager donne des ailes ! (Vallée de la mort – USA)

J’aime voyager sans rien et me satisfaire de peu, le sac à dos allégé du poids de notre Monde. Ne rien emporter ou presque et me sentir libre d’aller, tant que j’ai mes jambes et mon passeport, le reste devient superflu. Se plonger dans un paysage vierge de trace humaine et se sentir tout petit, insignifiant dans ce large Monde. Le contempler des heures durant, humer son odeur sauvage et observer ces Hommes qui ont parfois su y vivre sans jamais le blesser.
J’aime me sentir moche, naturelle, porter les mêmes fringues des jours durant, dire merde à la mode, juste m’habiller pour son confort. Ne plus me croiser dans un miroir et oublier de m’épiler ! Etre vue et acceptée par l’autre pour ce que je suis et non plus ce que je dégage. Là-bas, je ne suis qu’une étrangère venue découvrir la Vie des autres.

Et puis je rentre chez moi et rendosse mes habitudes avec la satisfaction de pouvoir les vivre de nouveau. Reprendre goût à ces petits riens du quotidien, apprécier chaque bouchée de ma tartine au beurre salé, retrouver mes proches et les aimer deux fois plus, et finalement, ne manquer de rien. Me rappeler ainsi la liberté que j’ai de vivre comme ça et de pouvoir, un jour, tout remettre en cause en voyageant vers d’autres Réalités, mon seul sac sur le dos.

 

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